Mélissa

Septique au départ face à mettre mon appellation comme nom de blogue, peut-être par crainte de paraître prétentieuse, et pourtant, quoi de plus naturellement représentatif que les lettres qui forment le mot que tu entends chaque fois que l’on t’interpelle? Je n’ai pas choisi mon prénom, la majorité ne le fait pas et c’est peut-être mieux ainsi. Parce que j’aurais passé ma vie dans le dictionnaire des noms à lire sur les significations et à vouloir changer selon mes étapes de vie et mes « feelings ». Bien honnêtement, il n’y aura rien de plus authentique que ce prénom que mes parents m’ont donné à ma naissance pour représenter l’être que je suis. De plus, mon écriture reflète mon identité et c’est elle que j’oserai exposer : une personne de sentiments, qui a beaucoup d’idées et de réflexions spontanées qui naissent et défilent vivement dans son crâne quotidiennement.

Sans blague, la créativité est d’une beauté, mais le soir lorsque je dépose ma tête sur ma taie d’oreiller, j’ai le cerveau en mode dactylographie cervicale. La problématique est que si je ne prends pas la plume pour glisser les pensées sur papier, lorsque les oiseaux se mettent à chanter, j’ai de la difficulté à retrouver les phrases que j’ai construites. J’ai donc généralement un calepin et un crayon comme compagnons de nuit. C’est avec des extraits de plusieurs nuits créatives et de passages réflexifs lors de mes journées que ce premier texte a été rédigé. La majorité qui suivra risque de suivre le même pas. Les prochains mots qui seront lus dévoileront le pourquoi de ce blogue personnel, la flamme même qui a éveillé l’idée.

En 2009, je voulais être une artiste de scène et j’ai écrit une pièce de théâtre pour enfants dans le cadre d’un cours d’écriture dramatique au cégep. Le titre de ma pièce était : parce qu’il faut suivre le soleil. Un titre qui m’est apparu soudainement, sans questionnements. La pièce illustrait, de façon imagée et irréelle, les affrontements d’un enfant contre une maladie dont il était atteint. Justin, le personnage principal avait suivi les rayons le réchauffant en mentionnant cet assemblage de mots « parce qu’il faut suivre le soleil ». J’étais ignorante à l’époque quant au message envoyé par mon subconscient. Malgré le sentiment intuitif d’intituler ma pièce par cette phrase, je ne saisissais pas la signification réelle m’étant adressée.

Début 2018, je suis une enseignante au primaire en Colombie-Britannique et j’ai le statut d’invalidité au travail encore pour une semaine. J’ai donc décidé de prendre soin de moi encore un peu et de rendre visite à une amie à Nanaimo au nord de l’île de Vancouver. Nous avons passé du temps de qualité à faire des randonnées et à concocter des plats purement végétaliens, constamment accompagnés musicalement. Lorsqu’une mélodie vient à mes oreilles, particulièrement une nouvelle, il m’arrive régulièrement de perdre le fil de mes actions ou de mes paroles :  c’est l’amalgame des sons qui vient toucher mes tripes. Lors d’un des soupers, capturée par le rythme poétique et mystique, j’ai interrompu ma conversation avec mon amie et je lui ai demandé ce qui jouait. Mon hôte ne connaissait pas, c’était une liste de lecture que YouTube lui avait compilée. Nous avons cessé d’être ignorantes face à une musique qui nous appelait et nous avons découvert le nom de l’artiste : Xavier Rudd. C’était la chanson Spirit Bird qui nous a fait perdre le fil de notre conversation. Il y a de quoi : sa musique parle et dans son entièreté, pas seulement avec ses paroles. Je vivais des sensations d’envoûtement, de bonheur et de force. J’appréciais ce sentiment d’interpellation musicale et spirituelle.  J’étais reconnaissante d’éprouver une connexion positive de nouveau avec quelque chose. La musique avait ses effets sur moi.

Une semaine plus tard, je suis retournée dans mon environnement de travail. Après quelques jours déjà, je ressentais un dérangement intérieur qui m’habitait depuis déjà plusieurs mois. Cette sensation atteignit le qualificatif de haïssable à la suite d’un autre fâcheux événement dans mon milieu.  J’avais les mots « je suis en train de virer folle » qui criaient dans mon esprit.  J’ai donc pris la décision d’éviter une escalade plus grande et de redemander un congé d’invalidité, cette fois-ci pour un temps indéterminé. J’éprouvais beaucoup de tristesse et de frustrations quant à ma situation, et de cela, naissaient plusieurs incompréhensions, mais surtout des incertitudes. Je me sentais perdue, il n’y avait pas de mots plus concrets pour dévoiler ma pensée. Je ne savais plus ce que je voulais faire et où j’allais. C’était inconcevable dans mon esprit de constater cela. J’étais persuadée qu’avec un diplôme en main, cela m’assurait au moins d’avoir un métier assigné et un revenu à gagner ! Je m’étais trompée, je pouvais tout de même me sentir égarée. Pourtant, j’étais au courant du nombre de personnes qui possède un diplôme dans un domaine et qui n’exerce même pas dans celui-ci. Je savais aussi que je n’allais pas être une enseignante toute ma vie, je le savais même en commençant mon baccalauréat. Je le savais parce que j’aime le changement, les défis et l’aventure. Je ne suis pas une femme routinière. Je ne savais seulement pas que j’allais faire partie de la statistique d’abandon de la profession enseignante dans les 5 premières années de pratique soit de 1 sur 4.

À l’idée de m’expatrier professionnellement, certains proches m’ont mentionné que j’avais une personnalité enseignante unique, authentique, créative et impliquée ce qui faisait que j’arrivais à bâtir une relation distincte avec mes élèves. Oui. Que c’est aussi l’amour sincère et la volonté de leur bien-être qui me permettait cela et que ces qualités étaient profitables à une bonne enseignante. Oui. Toutefois, même si je saisissais tout cela, malgré ces oui, la réalité est ce qu’elle est : ce job est fou. Je n’élaborerai pas sur ce point dans ce texte. Cependant, brièvement, pour saisir mon propos, il s’agit d’un emploi qui gruge énormément d’énergie, autant psychologiquement que physiquement. Le mandat attribué aux professionnels de l’éducation s’avère presque inhumain puisque l’ensemble des tâches demandées est excessif. J’étais au courant, mais on réalise réellement complètement l’ampleur d’une chose que lorsque nous sommes émergés, lorsque nous baignons dans le trop-plein. Ayant un tempérament humaniste, émotif, sensible et perfectionniste, je devais quitter cet emploi, du moins, il me fallait sortir de cet établissement éducatif nuisible à ma sécurité psychologique et mettre sur la glace le domaine de l’éducation avant de me retrouver dans un institut de santé.

À partir de ce moment, désorienté face à ma destinée, les journées se sont mises à flotter dans un avenir incertain. Dans ce genre de moment, mon repère à tout égarement : la musique. Lorsque mes réponses à toutes les questions ne sont que des « je ne sais pas » je me réfugie dans les mélodies. J’y trouve généralement du réconfort lorsque ce n’est pas de la nostalgie destructrice. Puis, une de ces journées, Xavier Rudd a de nouveau fait partie de mon répertoire musical. J’avais envie d’explorer ses diverses créations et de m’évader dans celles-ci. L’ambiance spirituelle entendue antérieurement a interpellé mon âme égarée. Et puis voilà, le message subliminal envoyé 9 ans auparavant s’est manifesté dans l’une des œuvres de Rudd, dès les premières paroles : « Follow, follow the sun ». L’esprit s’est rappelé le titre que j’avais transcrit à 18 ans, et je saisis, cette fois-ci, le message de mon être inconscient. Je retranscris les paroles dans l’un de mes vingt cahiers d’écriture pour élaborer sur le lien que je venais de créer entre mon ancienne création et cette chanson. Plus la plume s’exprimait, plus le pouvoir de mon intuition prenait vie. J’écoutais la chanson en boucle et je lisais les paroles à répétition, particulièrement celles-ci : « follow the sun, the direction of the birds, the direction of love”. C’est en suivant ces paroles et cette mélodie qu’il m’a été permis de reconnaître l’essence en moi. L’esprit aimait l’idée de suivre la direction de l’oiseau, ce symbole qui le représente avec son caractère rêveur. Il appréciait également la direction de ce besoin primaire qu’il idolâtre tant : l’amour.

Je suis une femme qui, à travers les mots, suit son âme de rêveuse et y trouve un brin d’amour. L’intelligence intuitive d’autrefois était sous-développée pour saisir la communication de l’inconscient concernant le pouvoir, la capacité et l’intérêt des mots comme possibilité de chemin professionnel. C’est en écrivant que je suis le soleil et en écoutant la musique qui m’habite que j’écris.

« Follow the song, follow the sun”, ça aurait pu être un titre de blogue, je préfère qu’elle en soit la citation, le leitmotiv de Mélissa.

Presqu’une décennie pour réaliser que c’est peut-être ça qu’il me faut à moi, Mélissa Ranger, peu importe le continent ou l’océan : suivre l’éveil de la sphère chaleureuse, m’enflammer et rayonner durant la journée et m’assoupir au crépuscule en dévoilant tranquillement mes diverses couleurs de bonheur à travers mes pensées écrites dévoilées à qui veut bien les découvrir…

 

Publicités

2 commentaires

  1. Wow!tu écris tellement bien, je suis très fière de toi.
    Je te souhaite du bonheur dans tes nouveaux projets, l’important c’est d’être heureuse dans ce que tu fais et en santé.
    Je t’aime
    Ta maman xxx

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s