La solitude est une richesse

⌈Texte datant du 2015.08.06⌋

Playlist créée, les styles musicaux variés et prêts à m’accompagner, j’ai pu peser sur l’accélérateur et entamer mon road trip. MON. Le mien. Parce que j’avais décidé de partir seule pendant six jours en Gaspésie. Les plans avec les amis étant tombés à l’eau, j’avais cherché dans quelle autre folie j’allais bien pouvoir me baigner durant cette dernière semaine de vacances. Inconcevable dans mon esprit de ne pas profiter du temps que j’allais avoir pour moi. C’est toujours inconcevable pour moi de ne pas profiter pleinement.

Alors là, j’ai pris le combiné du téléphone et j’ai fait un appel vers Ste-Anne-des-Monts. Cinq minutes plus tard, je confirmais mes cinq nuits au Sea Shack. MES. Parce que j’allais débarquer dans une auberge festive, à 8h00 de route de mon patelin, toute seule. Puis c’est automatiquement la première question de tous lorsque je les ai informés de mon futur petit périple d’aventurière : « Tu t’en vas là toute seule ?! » La réponse était assumée : « Et pourquoi pas? Qu’il y a-t-il de si renversant avec le fait que je m’en vais passer du temps avec moi-même? Je ne veux pas attendre l’occasion d’être accompagnée pour aller vivre mes plus folles envies ».

C’est vrai au fond que c’est un tant soit peu impressionnant puisque la majorité des gens se refuse aux moments avec eux-mêmes. En fait, ils en ont peur. Et c’est vrai parce que suite à ma réponse, suivait une affirmation : « Tu es bonne. Tu es courageuse. Moi je ne serais pas capable… » Donc, j’ai pris la route, malgré les inquiétudes et les regards ébahis de certains, avec ma toute nouvelle Rangermobile.

Arrivée à destination, à la pluie battante, j’ai dû monter ma tente : seule. Puis c’est dans ce genre de moments : lorsque que la pluie froide ruisselle sur ton corps en entier et qu’elle t’aveugle; lorsque tu dois assembler des poteaux de métal alors que l’orage gronde; lorsque tu dois mettre l’abri du toit qui touche au ciel, mais que tu te rappelles que tu mesures seulement 5 pieds et que tu dois sortir tes talents de saut en hauteur, c’est dans ce genre de moments que tu réalises à quel point surgit le dépassement de soi. À quel point tu es plus forte et indépendante que tu ne le penses, à quel point tu peux te débrouiller par toi-même, mais surtout à quel point tu peux compter sur toi. Dans cette escapade, il n’y avait pas seulement le fait que je pouvais compter sur moi, mais aussi celui d’avoir la chance de pouvoir faire ce qu’il ME plaisait. Avec des accompagnateurs vient automatiquement les plaisirs personnels de chacun et les compromis… La solitude laisse donc au soi l’opportunité d’être fidèle à ce qu’il est.

Mes seize heures de route totales à faire aller mes cordes vocales, mes ballades sur le bord de la mer, mes siestes et mes lectures dans les hamacs, mes « dates » avec le « vino » sur la terrasse, mes contemplations du couché du soleil, mes randonnées dans le bois, mes petits repas concoctés, tous ces moments de solitude avec moi m’ont confirmé qu’être seule c’est prendre le temps de respirer un instant. C’est pouvoir s’écouter intérieurement, réfléchir, et donc, se redécouvrir, c’est aussi tenter ces découvertes et se surprendre, c’est prendre le temps d’être dans son état le plus naturel, le plus vivant et le plus authentique, mais c’est surtout aussi prendre le temps de s’aimer.

Ce fût un périple d’épanouissement de mon être, parce que la solitude ça peut aussi être ça : s’épanouir, se laisser aller et retrouver son authenticité. Je n’éprouve pas de la fierté d’avoir eu du courage, mais plutôt de la fierté d’avoir de la volonté. De la volonté à apprécier ma propre compagnie. Je mentirais si je mentionnais que je n’ai eu aucun contact social. Au contraire, à travers ces instants avec moi-même, j’ai fait de belles et multiples rencontres. La solitude attire les gens. Puisqu’acceptée et assumée, la solitude peut dégager l’appréciation de notre être, de notre propre compagnie. Il est toujours plus plaisant de rencontrer et côtoyer des gens qui respirent l’assurance et l’amour de soi.

La solitude a un sens, positif ou négatif, c’est à nous de choisir celui qui nous guide. Perso, je décide de la percevoir et de l’accueillir comme une richesse qui nourrit positivement mon moi…

« Seule

Mais jamais prisonnière

La solitude est un fléau

Et être solitaire

Ce n’est pas un fardeau »

Andréanne A.Malette

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