Pacifique

Son essence d’azur lui perçait le regard et miroitait dans le bleu de ses yeux. Sa fragrance d’algues marine enivrante flairait viscéralement les parois de son nez. Sa sonorité tintait son ouïe d’une musicalité ondulante, apaisante et la faisait vibrer jusqu’à la pointe des pieds. Le chatouillement de son être qui effleurait sa peau révélait la douceur de son écorce féminine. Résister à ses avances par son charme sensoriel lui était impossible.

L’idée de le quitter écorchait son cœur emballé. La douceur de leurs rendez-vous quotidiens dans la baie et les occasionnels sur le sable des étendues de plage attendrissaient son organe vital. L’attachement précieux et authentique développé avec lui rendait les vingt et un jours avant la séparation imminente émouvante.

Leur première rencontre avait eu lieu il y avait trois ans. À cette époque, elle n’avait que deux mois et demi pour l’apprivoiser. La liaison fût aisément naturelle. Elle avait pris le temps de contempler sa merveille et son unicité vaguer et de l’écouter lui murmurer qu’elle méritait de côtoyer la vie. Ce fût un coup de foudre. La cause à cette intense affection : la découverte d’une similarité entre lui et elle, soit leurs torrents émotionnels. Cette affinité de posséder des jours de vagues agitées apaisait le sentiment de marginalité parfois grandement présent. La solitude semblait s’effacer lorsqu’ils se côtoyaient.  La fluidité de leurs deux corps enlacés vaguant ensemble permettait l’atteinte de l’horizon. Elle sentait qu’avec lui elle pouvait naviguer, prendre le large et où bon lui semblait. Il fût une fraîcheur à sa vie dès les premiers instants.

Après un peu plus d’un an de distance, elle avait pris la décision d’aller le rejoindre et de s’installer à ses côtés. Toutefois, ils s’étaient retrouvés dans une localité différente. Elle le redécouvrit sous un nouvel angle. Il l’enveloppait. Son existence encerclait son nouveau nid. Il ne la protégeait pas des intempéries qui survenaient, mais réussissait à apaiser les effets de ceux-ci.  Un regard en sa direction, de la fenêtre du domicile, elle le voyait, guettant sa vie bouillonnante et lui jetant des doux coups d’œil d’espoirs réconfortants. « Heureusement qu’il est présent » se disait-elle.

Le jour où elle dû mettre les voiles, ce fut un tsunami émotionnel intérieur. Elle lui déversa ses larmes d’aurevoir et de remerciements alors qu’il la berçait tranquillement et paisiblement vers une nouvelle terre. Puis elle lui souffla :

« Mon cher Pacifique, j’aurai la vague à l’âme pour un temps ».

Et il lui répondu : « Ton âme saura vaguer vers moi à nouveau avec le temps ».

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